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Les incidences de la première guerre mondiale

dans la commune de Saint-Angeau?

Extrait du rapport de Madame Julienne BOITEAU*

 

MOBILISATION

L'ordre de mobilisation arrive à Saint Angeau le 1 août 1914 à 16.00 heures.
Saint Angeau est un gîte d'étape, un officier s'installe à la gendarmerie pour organiser le cantonnement des différents détachements de passage à Saint Angeau. Les gendarmes portent l'ordre de mobilisation aux maires des différentes communes de leur ressort.

Le Maire fait annoncer la mobilisation à son de cloche et de caisse, puis fait apposer les affiches dans toute la commune.

Le Maire Arsène ROUDY ayant dépassé l'âge de la mobilisation continue à administrer la commune. L'instituteur - secrétaire mobilisé est remplacé par Monsieur SIMON reveur-buraliste, ancien Maire de Cellefrouin. 

COMMENTAIRES ET PREPARATION A REJOINDRE LES AFFECTATIONS

On commente les événements "C'est la mobilisation, mais pas encore la guerre" Cependant la fièvre monte parmi les hommes qui se montrent résolus à accomplir leur devoir.

Dès le samedi soir les garde-voies reçoivent l'ordre de rejoindre immédiatement leur poste. 

Les jours suivants tous les hommes mobilisables rejoignent leurs postes respectifs.

Les familles de chacun d'eux se font un devoir de les accompagner à la gare et nul n'oubliera leur belle confiance en la victoire de la France, leur enthousiasme, leurs chants patriotiques au moment où le train pavoisé s'ébranle. C'est une période sublime où l'on est prêt à tous les sacrifices, où l'idée de Patrie domine tout. Cette belle confiance gagne ceux qui restent. Chacun se remet au travail avec d'autant plus de courage que d'après l'opinion générale, la guerre doit être de courte durée. 

GARDERIE ET CANTINE

L'institutrice, Julienne DESSERY, établit dans sa classe une garderie et une cantine pour les enfants indigents. Le pain est fournit par la commune, les autres aliments par l'institutrice.

ETAT D'ESPRIT DES ENFANTS

Les élèves fréquentent l'école à peu près assidûment. Au début de la guerre, ils sont fortement impressionnés par les faits de guerre et les récits des atrocités des Allemands. Ils s'intéressent à la lecture des communiqués, aux progrès de nos armées, ils sont plus appliqués, moins bruyants, moins gais. Mais avec le temps leur sensibilité s'émousse. Comme ils ne souffrent point matériellement de la guerre, ils s'habituent à l'état de vie actuel, la lecture des faits de guerre les intéresse beaucoup moins. 

COURS D'ADULTES

Les cours d'adultes ont lieu à l'école comme par le passé, mais le nombre des séances par semaine de même que leur durée ont été doublés. Toutes les séances des cours d'adultes ont été consacrées au tricot ou à la confection de gilets et de sacs à terre pour les soldats. 

OUVROIR SAINT ANGEAU ET TERREBOURG

Pendant les mois d'août et septembre 1914, un ouvroir a été établi à l'école. la majorité des dames et des jeunes filles de la commune sont venues aider à préparer du linge pour les blessés. Certains jours il y avait 40 participants.

L'ouvroir a ramassé et confectionné 1500 objets divers qui ont été expédiés à l'Académie et à la Croix rouge.

Un certain nombre d'objets a été attribué aux réfugiés. 

SOUSCRIPTIONS

Les sommes perçues s'élèvent à 1000 francs, répartis entre la Préfecture, la Sous-préfecture et des achats pour la confection de tricots. 

QUETES

La somme de 323 francs, au profit du Noël du soldat, Secours national, Orphelins de guerre, Oeuvre des Pupilles de l'Ecole publique.  

REFUGIES BELGES, SERBES ET FRANCAIS

En octobre 1914, 12 réfugiés arrivent à Saint Angeau, certains sont logés à Terrebourg chez M. Lavenat, les autres chez leurs employeurs, agriculteurs et artisans. Ils vivent de l'allocation de l'Etat et des salaires versés par les employeurs. L'intégration est sans heurt, les résidants se sont fait un plaisir de leur venir en aide. 

APPEL POUR LE VERSEMENT DE L'OR

Le Percepteur et le Notaire ont perçus une somme importante pour répondre à l'appel de la Patrie.

 

Guerre 14-18 : Extrait du livre d'or de la commune
 
ENGAGEMENTS VOLONTAIRES
Trois enfants du pays se sont engagés pour contribuer plus vite à la défense de la Patrie.
L'un d'eux a été tué.
 
MILITAIRES TUES A L'ENNEMI
Le rapport de Madame BOITEAU donne les noms jusqu'en 1916.
MERIGEAUD Edgar, propriétaire. BALLON Abel, cultivateur. LABROUSSE Auguste, cultivateur.
BENETAUD François, tailleur. FERRAND Adrien, agriculteur. MESNARD Maurice, arboriculteur.
ROUFFIGNAC Célestin, cultivateur. BERNARDEAU Gaston, cultivateur. FOUILLADE Alcide, cultivateur. LAPEYRE André, boulanger. PAUTE Marc, charron. GADY Gustave, boucher.
 
MILITAIRES BLESSES, CITES, DECORES.
CHABOT Auguste, marchand de grains. GOBEAU Aymar, boucher. ROUFFIGNAC Raoul, cultivateur. TETAUD Edmond, clerc d'avoué. LAMBERT Louis, cultivateur. LABBE Auguste, notaire. GENTY Camille, boulanger. GALLOUX Maxime, voiturier. PORCHERON Camille, cultivateur. VALLADEAU Louis, commis de perception

 

PS : Madame Julienne BOITEAU a été institutrice à Saint Angeau de 1903 à 1906.